On trouve des traces de peuplement amérindien dès le dixième millénaire av. J.-C. Il s’agit de plusieurs tribus qui sont chassées par les Arawaks au IIIe siècle. Ils sont eux-mêmes supplantés par les Indiens Caraïbes au VIIIe siècle. Et c’est en 1498 que Christophe Colomb longe les côtes de Guyane. La région est explorée par l’Espagnol Vincente Yanez, mais ce sont des colons français qui s’installent dans l’île de
Cayenne en 1503.
Au XVIIe siècle, cette colonisation est fortement encouragée par la
France. Mais les luttes contre les Indiens, les maladies ont raison de ces tentatives : en 1648, il ne reste que 25 colons français. En 1656, des colons hollandais s’installent à
Cayenne et importent les premiers esclaves africains. En 1664, la colonie redevient française, et la même politique esclavagiste est poursuivie (Instauration du Code noir en 1685). Les premiers produits exotiques arrivent en métropole. Les manufactures et exploitations minières sont mises en place par les Jésuites. Ils seront expulsés sur l’ordre de Louis XV en 1762. De nombreux Amérindiens et de nouveaux colons s’installent en Guyane.
A partir de 1792, la Révolution française et la guerre civile fait de
Cayenne un lieu de déportation pour les ennemis de la République. Le premier bagne est construit en 1805.
1817 est l’année où Joseph Guisan est nommé gouverneur. Son plan de développement fait de la Guyane une terre de plus en plus prospère au XIXe siècle. En 1848, l’esclavage est aboli. Sur 19 000 habitants, 13 000 sont des esclaves : la nouvelle loi a donc pour conséquence l’effondrement économique de la Guyane. Napoléon III décide alors que les forçats déportés serviront de main d’œuvre. De plus en plus de Chinois et d’Indiens sont également embauchés.
Parallèlement, on découvre de l’or en 1855 dans la rivière Inini. C’est le début d’une ruée folle qui dure jusqu’en 1945. On vient des Antilles, de
Chine, d’Asie du Sud et même du Liban pour trouver de l’or. La population amérindienne est alors largement décimée et les dernières grandes plantations ferment.
Après un reportage effectué par Albert Londres sur les conditions de vie difficiles des bagnards, une campagne d’opinion naît en
France contre les bagnes, interdits en 1938. Les derniers déportés reviennent en métropole en 1953.
La Seconde guerre mondiale provoque l’abandon de la Guyane par la
France. Le territoire s’appauvrit beaucoup. En 1946, il obtient le statut de département français et, pour soutenir l’économie locale, on décide d’y construire le centre spatial guyanais en 1965 qui, grâce aux programmes spatiaux et à Ariane, devient le port spatial de l’
Europe. Le département recouvre sa richesse dans les années 1990, attirant des immigrés haïtiens, brésiliens ainsi que du Surinam. Aujourd’hui, la population amérindienne est protégée, tandis que les habitants de la côte sont de plus en plus partisans de l’indépendance.