L’histoire de Fès se perd dans les origines du Maroc. Elle aurait été fondée par Idriss Ier, premier roi du Maroc musulman, en 789. D’autres historiens attribuent la fondation de la ville à Idriss II. La ville grandit doucement et attira vite les populations. Dès le IXe siècle, 8 000 familles andalouses s’installent dans la médina, suivis par plusieurs familles de Kairouan, en
Tunisie actuelle. On leur doit les fameuses mosquées des Andalous et des Qaraouiyine, qui devinrent des centres d’enseignement réputés dans tout le monde arabe, et même au-delà.
Les dynasties berbères, arrivées au pouvoir, délaissent Fès pour
Marrakech. La ville verte supplante la ville rose avec la dynastie mérinide, vers 1250. Ils y fondent plusieurs madrasas qui peuvent encore être visitées. Sous les Alaouites, la dynastie qui règne actuellement, la capitale est
Meknès, mais Fès reste le centre de l’élite intellectuelle et marchande. Pas étonnant, donc, que, sous le protectorat français, la ville fut en partie à l’origine de l’émancipation du pays (c’est à Fès qu’a été fondé l’Istiqlal, le parti indépendantiste). Aujourd’hui encore, la population de Fès est considérée comme pieuse et raffinée. Elle est même parfois jalousée de ce statut, tant Fès respire la noblesse.